OverBlog prend un nouveau départ en se faisant racheter par Webedia

Publié le par Frédéric Montagnon

OverBlog prend un nouveau départ en se faisant racheter par Webedia

L'aventure OverBlog a commencé il y a exactement 10 ans. Julien a commencé à coder le projet en début d'année 2004, avant que Gilles et moi décidions avant l'été de cette même année d'en faire un projet sérieux. C'était, pour nous trois, notre deuxième projet de création d'entreprise.

Entre 2004 et aujourd'hui, Overblog a connu trois points d'étape importants. Premièrement, l'entrée au capital de TF1 en 2006. Nous étions devenu un média un peu par hasard, ça a été l'occasion de mieux comprendre l'enjeu que cela représentait.
Deuxièmement, la fusion avec Ebuzzing, Wikio et Nomao en 2010. Elle devait permettre de devenir un groupe média de nouvelle génération, mais Google n'ayant pas apprécié, nous avons finalement abandonné le projet. Les fonds levés à cette occasion ont été employés au développement web, pour des résultats finalement très probants : nous avons aujourd'hui 60 millions de visiteurs uniques selon Quantcast, et Ebuzzing cartonne.

Troisièmement, le lancement de la dernière version de la plateforme en juin 2012, qui a permis de fournir un outil toujours plus performant et facile d'utilisation pour les utilisateurs d'Overblog.

Aujourd'hui, Overblog connait un nouveau point d'étape dans son histoire en rejoignant le groupe Fimalac.


Qu'est ce que cela signifie pour Overblog et ses utilisateurs?

D'abord je tiens à préciser que je suis très heureux de cette vente. Elle va permettre un grand nombre d'opportunités pour le groupe, et Fimalac est le partenaire idéal : devenant peu à peu un groupe média global, leur projet est unique. Les fonds vont permettre d'alimenter l'incroyable travail de développement d'Ebuzzing-Teads; la plateforme et la marque Overblog, existants depuis 10 ans (rare sur internet), vont continuer de se développer.

Depuis 10 ans, Overblog permet au plus grand nombre de partager ses opinions, ses idées et ses connaissances, simplement et sans aucune connaissance technique. Je suis fier de cette mission, et heureux qu'elle perdure.

Je tiens à remercier tous ceux qui ont contribué au projet, depuis le démarrage. Je souhaite beaucoup de succès à ceux qui vont continuer d'y travailler. J'ai aussi très hâte de voir le prochaines évolutions de la plateforme.

A partir d'aujourd'hui, je suis un heureux utilisateur d'OverBlog, un heureux actionnaire d'Ebuzzing-Teads, un heureux entrepreneur qui reprend de zéro une nouvelle et excitante aventure depuis New York.

Les ad-blockers deviennent un important problème économique pour les éditeurs de sites web

Publié le par Frédéric Montagnon

De plus en plus d'internautes ont recours aux adblockers au motif d'une publicité trop intrusive, gênante. Selon moi, AdBlock Plus et la centaines d'autres plugins/addons disponibles représentent une nuisance grandissante pour les éditeurs de sites web, dans la mesure où la publicité est le seul financement réaliste et efficace existant pour eux; et si les éditeurs sont en danger, ce sont au final les internautes qui en pâtiront.

Evolution du nombre de recherche sur Google pour le mot "adblock"

Evolution du nombre de recherche sur Google pour le mot "adblock"

Qui serait prêt à payer pour envoyer des emails ou des Tweets aujourd'hui ?

L'adage "If you're not paying, you're the product" ("Si vous ne payez pas, c'est vous le produit") est significatif de la crainte grandissante des consommateurs sur Internet : leurs données de navigation seraient utilisées à outrance pour leur proposer des messages publicitaires partout sur Internet et de manière de plus en plus ciblée.

En conséquence, une part grandissante des internautes utilise des extensions de navigateurs - des logiciels qui s'installent en quelques secondes - pour bloquer toute forme de publicité: 9,26% des publicités ont été bloqués en 2012 d'après un rapport de Clarity Ray, chiffre qui a presque doublé au cours des 18 derniers mois. Selon les audiences des sites web, le pourcentage des publicités bloquées peut atteindre jusqu'à la moitié des impressions publicitaires : un manque à gagner considérable pour les sites qui reposent quasi intégralement sur ces revenus.

Du côté des internautes, si je conçois que la protection de la vie privée soit primordiale, force est de constater qu'à choisir entre payer un contenu et l'obtenir gratuitement en l'échange d'une exposition à de la publicité, le choix est rapidement fait. La startup PageFair en a d'ailleurs fait l'expérience en offrant aux éditeurs de sites web une solution leur permettant d'offrir ce choix à leurs internautes. Résultat: moins de 0,3% des visiteurs qui utilisent un ad-blocker ont opté pour le paiement. Le modèle du contenu payant pour le très grand public ne fonctionne pas.

Des chiffres qui ont déjà 9 mois...

Des chiffres qui ont déjà 9 mois...

Il serait vraiment important que les consommateurs comprennent les tenants et aboutissants de l'utilisation des informations qu'ils divulguent en ligne plutôt que de diaboliser la publicité sur internet. D'autant que du côté des éditeurs, les conséquences des adblockers pourraient être très pénalisantes pour le financement, et donc l'offre de services aux internautes. Mais il y a peu de chance que cette prise de conscience se fasse. Une fois l'habitude prise de surfer avec un adblocker, il est difficile de revenir en arrière. Pour le moment le mobile est épargné, mais certainement pas pour longtemps.

Le véritable prix à payer pour se passer de publicité

Une étude E-marketer révèle que les revenus publicitaires des éditeurs étaient de 42 milliards de dollars en 2013, rien qu'aux Etats-Unis. Ce montant représente en moyenne 168 dollars par internaute américain : le prix à payer s'ils souhaitaient passer d'un modèle gratuit à un modèle payant. Et encore, ce chiffre n'est que théorique et serait nettement plus élevé si l'on prenait en compte les besoins en investissement pour produire la majorité des outils et contenus que nous utilisons en amont du point de rentabilité des entreprises.

Le financement par la publicité est aujourd'hui incontournable. Les usages du web gratuit sont tellement ancrés dans les habitudes de consommation que c'est le seul modèle efficace et réaliste. Il a par ailleurs au moins trois grandes vertus:

- premièrement, il permet de faire connaitre sans aucune friction des services et des contenus. La barrière du payant ou du "freemium" rendrait l'accès à ces services nettement moins évident;
- deuxièmement, la publicité permet une démocratisation du web dans la mesure où elle permet l'accès aux contenus gratuit;
- enfin, Internet étant global, les budgets publicité des pays développés financent aussi l’accès des utilisateurs aux contenus dans les pays en développement. Une forme de redistribution qu'on oublie trop souvent !

On ne s'imagine plus, aujourd'hui, payer pour envoyer des emails, regarder la météo, les infos, ou encore partager des photos et d'autres documents en ligne. Pourtant le développement de tels outils, aujourd'hui incontournables, nécessite beaucoup de ressources humaines. Je pense que jamais le web ne serait devenu ce qu’il est aujourd’hui sans la pub. Jamais les budgets n’auraient été aussi importants pour permettre de déployer des infrastructures aussi rapidement, jamais l’industrie n’aurait pu payer autant de talents pour construire les services et créer les contenus auxquels on accède aujourd’hui.

Si vous êtes éditeurs et que vous vous posez des questions sur les adblockers, contactez-moi, le sujet m'intéresse beaucoup et j'ai une solution.

Montebourg: le Monsieur "Made in France" est le pire ambassadeur du numérique français qu'on pouvait imaginer

Publié le par Frédéric Montagnon

Montebourg: le Monsieur "Made in France" est le pire ambassadeur du numérique français qu'on pouvait imaginer

La nomination d'Arnaud Montebourg au poste de Ministre de l'Economie, du Redressement Productif et du Numérique a déjà fait couler beaucoup d'encre. L'homme qui a empêché l'acquisition de Dailymotion par Yahoo n'a pas la côte auprès des entrepreneurs, moi le premier.

S'il sait rassembler en France - oui, on peut au moins lui reconnaître ses talents d'orateurs - il est le pire ambassadeur possible de la France à l'international. Ses prises de position sur la scène internationale, qui ne servent que son égo, ont participé activement à alimenter le French Bashing qui n'en finit plus. S'il y a bien une chose dont le pays a besoin, c'est d'un porte parole pour revendiquer ce que la France à de bon.

#keepFleur

J'ai été très critique sur le démarrage de Fleur Pellerin en tant que ministre déléguée au numérique (voir mon article ici): ses prises de position, par exemple sur les publicités Google, ont été très critiquables.

Je pense que Fleur Pellerin a raté l'occasion de se mettre dès le début du côté des créateurs d'entreprises. Elle l'a fait plus tard, et elle est aujourd'hui portée par eux/nous, la preuve en tweets (c'est encore plus parlant qu'en images !)

Montebourg: le Monsieur "Made in France" est le pire ambassadeur du numérique français qu'on pouvait imaginer
Montebourg: le Monsieur "Made in France" est le pire ambassadeur du numérique français qu'on pouvait imaginer
Montebourg: le Monsieur "Made in France" est le pire ambassadeur du numérique français qu'on pouvait imaginer

Une fois la première année passée, l'organisation qui a été mise en place par l'équipe de Fleur Pellerin est devenue efficace et a accouché de beaux projets, par exemple sur le financement participatif. D'une manière ou d'une autre, ils ont participé dans le bon sens à l'incroyable dynamique entrepreneuriale qui existe aujourd'hui en France : de plus en plus de fonds investissent dans les projets français et européens, de nombreux accélérateurs accompagnent les startups, plusieurs entreprises françaises se déploient à l'international, et on compte de plus en plus d'acquisitions de startups françaises. Les startups, l'innovation, le numérique et les petites entreprises sont des sujets qui mettent tout le monde d'accord : c'est le seul véritable ascenseur social qui fonctionne à grande échelle.

Quitte à avoir un Ministère dédié au numérique, autant avoir le/la bon(ne) Ministre !

Certains disent que le numérique est partout et qu'il n'y a pas de raison d'avoir un ministère dédié. Je suis globalement partisan de voir le moins possible l'Etat intervenir sur des sujets comme l'innovation, les startups et le numérique. Le mieux serait d'avoir des règles - notamment en fiscalité - stables, identiques pour tout le monde, a minima alignées sur nos voisins européens. Malheureusement, ce n'est pas le cas.

Mais d'après moi, le sujet est ailleurs: je trouve contre productif de casser une organisation qui, au prix de beaucoup de temps passé, voire perdu, est finalement efficace : dans la mesure où l'Etat s'organise autour des startups et du numérique, autant faire en sorte de capitaliser sur ce qui a déjà été fait plutôt que de tout changer en permanence. D'autant que les liens créés avec l'industrie seront perdus. Que gagne-t-on dans cette réorganisation ?

On ne peut donc que se désoler de voir Fleur Pellerin quitter le Numérique au profit du Commerce Extérieur. Et se désoler de voir Arnaud Montebourg hériter de tout son travail.

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