Dimanche 27 septembre 2009 7 27 /09 /2009 08:20


Je me posais cette semaine la question suivante: qu'est ce qui devrait changer si tous les moteurs thermiques devaient devenir électriques demain, et est-ce tout simplement réaliste d'envisager le tout-électrique pour se rapprocher d'une emission de CO2 nulle et pour se passer des ressources fossiles? Je n'ai trouvé aucun article convaincant et documenté sur le sujet, j'ai donc cherché des chiffres pour me faire une idée. Je ne prétends pas remplacer la démonstration d'un spécialiste.


Quelle quantité d'énergie est consommée par les moteurs thermique?

La consommation de carburant en France pour une année est de:
9,1 Mt de super soit 12,13*10^6m3 ou encore 12,13*10^9L
32,5Mt de gazole soit 38,23*10^6m3 ou encore 38,23*10^9L
avec une masse volumique de l'essence de 0,750t/m3 et 0,850t/m3 pour le gazole.


1L de super ou de gazole libère environ 10kWh. La totalité de l'énergie libérée par les carburants en France est donc de 12,13*10^10kWh + 38,23*10^10kWh = 50*10^10kWh.


Quel équivalent pour des moteurs électriques?

La question qui se pose est celle du rendement des moteurs. Les constructeurs de moteurs thermiques affichent des rendements "du réservoir à la roue" inférieurs à 40% (on peut facilement imaginer que la réalité est très loin de cette valeur en conduite réelle), contre plus de 85% "de la batterie à la roue" pour les moteurs électrique. Dans le cas de la voiture électrique, il y a cependant des pertes au niveau de la batterie qui sont rarement prises en compte dans les articles sur le sujet. Il faudrait aussi prendre en compte la charge de la batterie au freinage (c'est le principe des systèmes hybrides) qui augmente encore le rendement total. Enfin, il faudrait diminuer les chiffres de rendement pour le thermique dans la mesure ou le transport du carburant est lui même très consommateur d'énergie.

Je ne vais pas plus loin, mais il me parait honnête de considérer que les moteurs électrique ont un rendement 3 fois meilleur que les thermiques. Si nous n'avions que des moteurs electriques, il faudrait donc trouver chaque année quelque chose comme 17*10^10kWh d'électricité pour que tout le monde puisse rouler électrique


Qu'est ce que cela représente en France?

A titre de comparaison, la consommation électrique en France est actuellement de 478 TWh soit 47,8*10^10kWh par an. Passer à l'électrique revient à augmenter cette consommation de 45%.

L'origine de la production électrique en France:
418,6 TWh nucléaires (76,2%)
63,4 TWh hydrauliques (12,4%)
58,4 TWh thermiques classiques (10,4%)
4,1 TWh éoliens et photovoltaïque (1%)


France Energie Eolienne avance que les 2350 éoliennes installées produisent 5 600 GWh soit 5,6*10^9kWh.

Il faudrait donc augmenter de 40% la production nucléaire, ou bien installer 30 fois le parc actuel d'éoliennes, soit 71 000 unités pour que tout le monde puisse rouler électrique.
J'aimerai bien avoir l'avis d'un expert sur la question: ça me parait à la fois ambitieux, mais finalement accessible...


Et à l'échelle du monde?

A l'echele du monde c'est un plus vicieux car les énergies fossiles sont très présentes dans la production d'électricité:
Charbon : 39%
Gaz naturel : 20%
Énergie hydraulique : 16%
Énergie nucléaire : 16%
Pétrole : 7%
Énergies renouvelables hors hydraulique : 2%



Conclusion

A l'échelle du monde, rouler en voiture électrique revient aujourd'hui à remplacer le pétrole par du charbon, du gaz et encore du pétrole avec tout de même un avantage: le transport de l'électricité est plus "propre" que le transport des hydrocarbures. On est loin de l'objectif initial. En France, la voiture électrique tient bien mieux sa promesse puisque 90% de notre production n'est pas thérmique.
Nous serions donc un des seuls pays à être prêt à rouler "propre" et à avoir des technologies de production d'électricité qui semblent pouvoir être déployées rapidement!? Ca laisse figurer un sacré avantage à la France dans ce secteur si nous savons l'exploiter!

Par Frédéric Montagnon
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Lundi 21 septembre 2009 1 21 /09 /2009 22:08


Voilà qui va en surprendre plus d'un:
Harris interactive vient de publier un sondage réalisé auprès de 1164 anglais de 16 à 64 ans : "si votre site d'actualité favoris devenait payant, que feriez vous?". Résultat:

- 75% chercheraient un autre site, gratuit,
- 5% accepteraient de payer pour continuer à le consulter,
- 8% ne consulteraient que la partie gratuite,
- 12% ne savent pas.

Sur ce panel, 29% des gens interrogés ne consultent jamais de site d'information, et seuls 50% en consultent au moins une fois par semaine.

5%, c'est finalement pas si mal, je m'atendais à moins. Considérons que le résultat puisse s'appliquer à la France. Alors, sur 40M d'internautes il y a 2M clients potentiels, soit un marché annuel de 300M€ pour un abonnement mensuel de 5€. Pourquoi 5? C'est ce que j'estime être le minimum à facturer pour ce genre de service.
De l'autre coté, il y a la pub. L'ensemble des sites d'actualité représente moins d'1m de pages vues (données Nielsen). Même s'ils sont bien vendus, il est difficile d'imaginer que le chiffre d'affaire de tous les sites d'info réunis puisse dépasser 60M€ sur l'année. Rien à voir avec les 300M€ que j'estime plus haut. D'autant que vendre de la pub coute très cher. Enfin, Il y aurait 37 000 journalistes en france. J'imagine qu'ils représentent une masse salariale d'environ 1,2m€?

Dans ces conditions, un modèle de contenu payant sur Internet me semble avoir sa place et donne un sens économique à la presse en ligne. Bien sûr, il faut un très bon produit pour vendre, et une bonne culture web pour savoir comment le vendre. C'est certainement l'ADN Internet qui fait et fera défaut.

Mais le plus intéressant dans ce sondage est le comportement suivant l'age:

- 13% des 16-24 ans sont prêts à payer,
- 6% pour les 25-34 ans,
- 1% pour les 35-44 ans,
- 2% pour les 45-54,
- 1% pour les 55-64.

Tout est dit: les vieux sont radins, et ils ne nous aideront pas à construire les modèles de demain :-)
Par Frédéric Montagnon
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Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /2009 14:33
La roue de l'infortune
C'est un jeu français: tu commences par payer des impots, puis tu perds du temps à jouer au jeu des subventions en espérant en récupérer un peu... et que tes concurents ne les obtiennent pas à ta place!


Avertissements


Pour commencer cet article, je veux dire que j'ai beaucoup d'admiration pour le travail et le dévouement de Nathalie Kosciusko-Morizet, aussi bien pour son travail de secrétaire d'État chargée de l'écologie hier, que pour son action aujourd'hui comme secrétaire d'État à la prospective et au développement de l'économie numérique. Cet article n'est pas dirigé contre elle, mais plutôt contre une mauvaise habitude française.

Récemment, NKM a débloqué un budget de subventions pour un appel à projets sur le "web 2.0" et sur le "serious gaming" dans le volet "numérique" du plan de relance. Bonne idée?


Une subvention n'est ni juste, ni efficace


Il existe en France un nombre incroyable de subventions. L'objectif du gouvernement au travers de cette restituation auprès de certaines sociétés est d'influencer les choix d'investissements des entreprises et de favoriser le développement d'activités sur dans des domaines qu'il juge prioritaires.
Dans le cadre du "plan de relance numérique" nous avons (Overblog) participé au montage d'un dossier sur un sujet passionnant: celui de la réputation en ligne. La préparation d'un tel dossier est coûteuse. Dans notre cas on parle d'1 mois homme de travail, le temps de se mettre d'accord, de formaliser, d'accoucher d'un plan business. Bien sur 1 mois homme peut paraitre négligeable pour beaucoup de sociétés, mais dans notre cas, c'est un investissement significatif.
Demander une subvention c'est un peu comme jouer au loto: on prend le pari de gagner en commencant par payer avec l'idée que ça rapportera peut être beaucoup. Vous ne savez jamais combien d'entreprises vont participer et combien seront financées. Un vrai coup de poker, ce n'est pas juste.

On ne dépense pas avec la même justesse l'argent que l'on gagne et l'argent qui est offert. On ne développe des modèles économiques ajustés que lorsque l'on met en jeu son travail. Une subvention ce n'est pas son travail, c'est celui des autres. Ce n'est donc pas non plus efficace.


Dans un même secteur, l'état n'a pas à intervenir auprès de certaines sociétés privées en laissant les autres de coté


Le gouvernement fait ensuite son choix. Quelle est sa compétence lorsqu'il s'agit de sélectionner des dossiers sur des sujets qui touchent à l'innovation? Et surtout, en quoi est ce légitime pour l'état de "miser" de l'argent public sur des entreprises qu'il sélectionne?
Je pense que nous n'avons pas besoin de ça dans une période difficile comme celle que nous traversons.


Il faut privilegier la fiscalité

Je suis convaincu que la fiscalité est le seul outil dont le gouvernement peut et doit se servir pour mettre en place sa politique d'une manière efficace. On veut des panneaux solaires? On offre un crédit d'impôt pour les financer. On veut des sociétés dans les banlieues des grandes villes? On met en place des zone de développement prioritaires où les charges sont réduites. On veut pousser les entreprises à embaucher des jeunes? On baisse les charges sur ces salaires. On veut que les entreprises fasse plus de R&D? On met en place un crédit d'impôt recherche. La fiscalité a le mérite d'être "juste" puisque toutes les entreprises sont censées  être traitées de la même manière. (Je mets un bémol car les entreprises suffisament grosses ont en général des privilèges que des TPE/PME n'auront jamais)
L'avantage de réduire la fiscalité lorsqu'on souhaite créer de la valeur et de l'emploi, c'est qu'il n'y a pas d'investissement d'argent public, pas de perte possible. Au plus un manque à gagner (impôts) qui en général se traduit logiquement par une baisse du chômage et par d'autres recettes fiscales.


Tant qu'elles existent, les entreprises doivent demander des subventions

Vous allez me demander pourquoi je fais ce genre de dossier si je trouve ça contre productif? Par ce que je n'ai pas le choix.
Lorsque vous dirigez une entreprise en France, vous êtes soumis à une imposition très forte. Vous devez chercher à optimiser vos coûts et tenter de compenser ce fardeau qui pèse face aux entreprises étrangères, et parfois même en France. Si votre concurrent direct obtient des subventions (beaucoup d'entreprises montent jusqu'à 50% de leur chiffre d'affaire), vous prenez le risque de ne pas être compétitif. Vous devez donc courir dans la même course, et là, le cercle vicieux se met en route. J'ai toujours l'impression de passer à coté des bonnes occasions, j'ai toujours l'impression de payer des impôts qui seront redistribués à mes concurrents. C'est un sentiment amer.


L'efficacité des subventions est elle démontrée?

Je ne peux pas croire que l'argent obtenu sous forme de subventions soit utilisé au mieux. J'aimerais trouver simplement les chiffres suivants: quel est le coût d'une opération de subvention par rapport à une simple regle d'aménagement de la fiscalité? Quelle est la valeur créée? Le nombre d'emplois pérennisés? Qui voudra bien me donner des statistiques de ce type sur des opérations menées il y a 10 ans?


Conclusion

Non l'état n'a pas à faire jouer les entreprises comme on joue au casino. L'état n'a pas à choisir des entreprises. L'état est la pour fixer un cadre juste et qui favorise la création de valeur.
S'il vous plait, arrêtez de taxer les salaires des gens qui innovent et qui savent utiliser l'argent bien mieux que ne le fait l'état pour créer des emplois dans la durée. Arrêtez de ponctionner ces mêmes entreprises pour arroser à l'aveugle d'autres entreprises sur des critères plus que contestables. Cette politique freine la croissance des petites entreprises qui ont un gros potentiel de croissance lorsque vous maintenez sous perfusion des sociétés dont les modèles sont dépassés.
Je vous choque? Allez... reflechissez.



PS: Je viens d'apprendre que notre projet n'a pas été retenu. Mais pas par une lettre ou par un mail. Je viens de le lire par hasard sur une page. Je suis déçu d'avoir perdu du temps, et déçu du manque de respect dans la communication. J'aimerais au moins savoir pourquoi nous n'avons pas été retenu?
Par Frédéric Montagnon
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Dimanche 6 septembre 2009 7 06 /09 /2009 10:24



Robert Scoble est de loin le blogger hi-tech américain le plus connu. Son blog, sous Wordpress, vient d'être hacké, de nombreux articles ont été supprimés. Sa réaction:

"I don’t feel safe with Wordpress, hackers broke in and took things"

L'avantage d'un script comme Wordpress que l'on installe est de pouvoir faire des modifications profondes dans le code pour adapter le moindre détail à ses exigences avec une totale liberté. Une plateforme comme Overblog est forcément moins souple de ce point de vue.
Mais les inconvénient sont nombreux: il faut gérer soit même l'installation, l'hébergement et les sauvegardes. Et surtout, le code de Wordpress étant public, il est très facile pour un hacker de trouver une faille. Dans le cas des plateformes comme Overblog, le code n'est évidement pas public, et les utilisateurs n'ont pas à s'en préocuper.

Tous les jours, je constate que les utilisateurs de Wordpress passent un temps considérables à paramètrer, installer des plugins, mettre à jour, changer d'hébergement, etc... Pour ceux qui aiment bricoler, c'est très ludique. Pour les autres, c'est surtout beaucoup d'ennuis, moins de temps passé à écrire, et beaucoup d'énervement. Wordpress n'est définitivement pas accessible à tous.

J'écris ça comme un clin d'oeil très amical aux blogueurs que je connais et qui trouvent Overblog un peu trop "grand public" ou trop "limité" à leur gout. C'est vrai, nous avons beaucoup travaillé pour rendre le blogging accessible à tous, en donnant la priorité aux contenus et la facilité de publication.

Cette nuit, les utilisateurs d'Overblog ont pu dormir tranquillement sans se préoccuper de la sécurité de leur données. Bon courage à ceux qui vont devoir faire la mise à jour de leur script ce dimanche matin:-)

PS: Pour ceux que cela interesse, Scoble discute avec le fondateur d'Automatic, Matt Mullenweg du problème. Ce qu'il en ressort: les plugins installés par Scoble l'ont empeché de mettre à jour Wordpress. Avec le temps, sa version de worpress devient inévitablement plus vulnérable.

PS2: Bien sûr je recommande à tous Overblog! Vous ne vous attendiez pas à ce que je conseille d'utiliser Wordpress quand même? :-)
Par Frédéric Montagnon
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Samedi 29 août 2009 6 29 /08 /2009 00:13
Tesla Roadster


Brammo Enertia

On parle beaucoup de véhicules électriques, mais ceux que l'on voit rouler (qui s'adressent en général aux sans- permi) ne font pas vraiment envie...
Deux sociétés ont fait le choix de travailler sur des produits innovants et très haut de gamme: Tesla qui fabrique un magnifique Roadster et Brammo avec sa superbe moto. Chose amusante, ces sociétés ont pour fondateurs des  entrepreneurs qui viennent du web. Le fondateur de Tesla est connu pour avoir acheté et dirigé PayPal, et le fondateur de Brammo a créé DreamMedia. Autre point, il s'agit de deux jeunes start-up.

Une nouvelle preuve, s'il en fallait, de l'agilité et de la rapidité d'éxecution des petites équipes bien menées. Il y a certainement des projets du même genre chez les grands constructeurs, mais Tesla commence déjà à vendre ses bolides alors que les historiques du marché ne sont pas prèt de débuter la commercialisation.
Finalement le monde est bien fait: les gros finissent par mourrir sous leur propre poids et laissent, malgré eux, une chance aux nouveaux entrants.

Brammo promet que sa moto parcourt 15 000 miles (24 000 km) pour 85$ (60€) d'electricité. Mon scooter me couterait plus de 900€ en essence pour la même distance, le CO2 en plus.
De ce que j'en sais, la Tesla coutera 100k€, la Brammo 9k€. C'est très cher... mais ça fait rêver :-)
Par Frédéric Montagnon
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Jeudi 27 août 2009 4 27 /08 /2009 16:06


Excellent article sur Gigaom (comme d'habitude d'ailleurs) à propos des ventes sur l'Appstore. Les chiffres clés sont:

- Le marché des applications iPhone+iPod Touch représente 2,5 milliards de $ contre 60 millions de $ pour Android.
- Chaque mois, 50% des possesseurs d'iPhone achètent au moins 1 application, ils ne sont que 19% pour Android.
- Chaque mois, un possesseur d'iPhone ou iPod touch dépense 5$ en application.

Et les clients sont heureux de leurs investissements.

Conclusions: Apple a créé un marché ennorme et Apple sait habituer ses utilisateurs à payer.
Par Frédéric Montagnon
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Vendredi 21 août 2009 5 21 /08 /2009 23:35


Un article totalement hors des sujets que j'aborde: Mon petit frère participe demain et pour la deuxième année au Grand Raid dans sa version complète: 121km de distance et 5400m de dénivelé positif, qu'il parcourra à vélo en 8h? Cela fait plusieurs années qu'il se prépare pour cette épreuve avec une extraordinaire discipline dans son hygiène de vie, son alimentation et son entraînement physique.

Pour avoir fait quelques marathons et monté quelques sociétés, je sais ce que représente un tel effort de concentration au quotidien. Je sais ce que cela coûte de poursuivre un but unique. Mais cette course est d'un tel niveau que l'investissement m'impressionne. Je suis toujours admiratif des gens qui vont au bout de leur passion. Lorsqu'on se fixe des objectifs aussi ambitieux que ce soit dans son travail, dans sa pratique du sport, dans une discipline qu'on impose à son esprit, c'est qu'une vraie flamme anime la passion qu'on poursuit. J'aime ça!

J'espère que sa performance sera à la hauteur de ses attentes! Mais quoi qu'il arrive, l'effort est en soit une récompense déjà suffisante. Mon père me récitait souvent la fable du laboureur et ses enfants qui représente une des valeurs qui m'est la plus chère: le travail est un trésor.

Bon courage pour demain frero! 
Par Frédéric Montagnon
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Jeudi 20 août 2009 4 20 /08 /2009 23:15
Site François Mitterrand de la BNF (Bibliothèque Nationale de France)


Depuis 30 ans, la France perd chaque année une quantité énorme de profils ultra compétents dans les nouvelles technologies. Ces derniers partent le plus souvent dès qu'ils terminent leur formation coûteuse pour la collectivité nationale et s'en vont travailler et payer des impôts loin d'ici : une perte sèche. Je n'ai rien contre eux, c'est la loi du marché. Pourquoi? Car en matière de technologie, dans beaucoup de domaines des sociétés étrangères sont capables de leur offrir un poste bien plus enrichissant que ce que proposent les sociétés françaises. Cela a été le cas pour le début de l'ère informatique, puis des telecoms, et aujourd'hui pour l'Internet. J'imagine que les Cleantechs attirent aussi beaucoup de scientifiques hors de France. C'est le "brain drain", la fuite des cerveaux. C'est un problème que rencontrent tous les pays en voie de développement. Mais la France n'est pas, à ma connaissance à classer dans cette catégorie. C'est bien là le problème. Que faisons nous pour stopper l'hémorragie? La plupart du temps, rien. Au contraire, la France préfère en générale subventionner les modèles qui déclinent. Un exemple en image: la Bibliothèque Nationale de France (BNF).

La mission du projet qu'avait initié François Mitterrand avait tout pour plaire. De sa bouche:
"La construction et l'aménagement d'une des plus grandes et des plus modernes bibliothèques du monde… Ce projet  devra couvrir tous les champs de la connaissance, être à la disposition de tous, utiliser les technologies les plus modernes de transmission de données, pouvoir être consulté à distance et entrer en relation avec d'autres bibliothèques européennes."
14 ans après son inauguration, la réalité ne ressemble en rien à cette description:
D'abords parce que la "technologie" choisie est le papier et la consultation in situ. Or archiver du papier coûte cher (200 000 m2 en l'occurrence) et atteint rapidement la limite de l'espace disponible. Depuis l'invention du Minitel, il est pourtant clair que que la notion de papier est largement dépassée dans le cas d'un projet d'archivage à destination d'un large public. D'autre part, il est bien évident que la grande majorité de ceux qui n'habitent pas en région parisienne ne viendront jamais faire une recherche à la BNF. Parler d'accès à la connaissance quand celle-ci n'est pas dèmatérialisée n'a aucun sens. Ainsi 3000 personnes seulement foulent le sol de la BNF François Mitterrand chaque jour. Est-ce un bon résultat? Si l'on se projète dans l'univers du numérique, comment qualifierait-on un site internet qui réaliserait une audience quotidienne de 3000 personnes? Un echec.

Notre président de l'époque voulait-il que la bibliothèque d'Alexandrie renaisse sous son nom? Gagné! Disparaîtra-t-elle dans le même mystère? C'est tout le bien que je souhaite pour les contribuables que nous sommes! C'est une histoire de mégalomane avant d'être un projet pour la France.

Et pour cause, les derniers chiffres affichés par la BNF (ceux de 2006 sont les derniers que j'ai trouvés) sont éloquents: un budget annuel de 254M€ (financé à 90% par nos impôts, les recettes étant maigres) qui ne prend pas en compte les nombreux dons qui sont fait à l'institution. La simple construction du site François Mitterrand avait déjà coûté plus d'1m€. Ces informations sont données ici : les amateurs d'accessibilité remarquerons la qualité du site qui doit être un des derniers exemples d'utilisation d'iframe qui le rend inutilisable dans de nombreuses configurations, en particulier pour les handicapés.

Imaginez ce qui pourrait être réalisé à la place de la construction et des charges de ces 4 tours! Il y a de quoi financer un grand nombre de start-up sur le thème du savoir et de l'information. Pour ceux qui s'intéressent au capital risque, en investissant 250M€/an on crée rapidement plus d'emplois que les 2600 que finance la BNF, avec une rentabilité à la clé et une appréciation du capital investi au lieu d'une perte sèche.

Si j'en parle aujourd'hui, c'est parce que l'on peut lire un peu partout que la  BNF confira probablement la numérisation de "ses" documents à Google. Position assez étonnante puisque, durant des années, la BNF s'y est opposée, pour de mauvaises raisons d'ailleurs. L'argument invoqué aujourd'hui pour reprendre la discussion avec Google est d'ordre financier : la BNF ne pourrait pas faire face aux dépenses d'un tel travail de numérisation. Il est intéressant d'apprendre que Google accorde plus d'importance à ces contenus documentaires que la BNF elle même! Mais c'est bien normal, Google sait monétiser indirectement ce travail de numérisation. Et c'est autant de valeur qui partira hors de France.

Qu'on ne s'y trompe pas, je ne suis pas en train de dire que les projets de la BNF sont sans intérêt. Je pointe du doigt la problématique de l'efficacité de l'argent public dépensé lorsque l'on a pour objectif le développement de la richesse nationale et qu'on se préoccupe d’investissement pour l’avenir. De mon point de vue, la BNF devrait être essentiellement un service en ligne, disponible pour tous. Or le site internet de la BNF est,comme je l'ai indiqué plus haut,  difficile à comprendre et d'un point du point de vue de l'ergonomie à la limite de l'utilisable. Il n'y a aucun lien entre les documents disponibles, aucun commentaire. Les documents accessibles sont livrés bruts, sans contexte. A qui cela sert-il? Et à quoi? Probablement que ces documents ne servent qu'à des travaux de recherche bien spécifiques. D'ailleurs les internautes ne s'y trompent pas, la fréquentation de bnf.fr est risible compte tenu de la richesse des contenus qu'y s'y trouvent ou devraient s'y trouver  compte tenu de la vocation et du prestige de cet établissement.


Ma réflexion est simple: je comprends que la stratégie est de garder en France des vieux manuscrits, et de donner à Google l'opportunité de développer les technologies qui permettent d'y accéder en ligne. En laissant Google faire ce travail, c'est autant de savoir faire que l'on ne développe pas en France. Aie, ça me fait mal rien que de l'écrire! En continuant à dépenser des sommes colossales dans des structures aussi peu tournées vers l'avenir, nous ne sommes finalement même plus capables de consacrer les efforts nécessaires pour franchir des barrières technologiques comme d'autres pays l'ont déjà faits. Pire, indirectement des français partiront s'installer en Californie pour développer les outils que Google utilise pour numériser les contenus de la BNF. Enfin, nous allons gâcher une opportunité de créer un nouveau point d'accès de référence sur Internet, chose que la France n'a pas su développer ou conserver jusqu'à présent. Dans le même registre il y a d'autres exemples de taille: Geoportail, la version Web de Quaero, etc... mais je préfère ne même pas en parler.
Ca fait froid dans le dos, on en a bien besoin en période de canicule!

Par Frédéric Montagnon
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Mercredi 19 août 2009 3 19 /08 /2009 23:09
L'art de donner envie aux autres de vous rencontrer...

D'après cette étude (données 2009 sur un échantillon de 2,667 profils RH aux USA), 45% des sociéts utilisent les réseaux sociaux pour recruter. Ce chiffre ne m'étonne pas, je pense même que lorsqu'il s'agit de cadre, cette valeur est largement au dessus.

Ce résultat me semble assez clair pour clore le débat sur l'intérêt d'avoir ou non une présence en ligne. A ceux qui se demandent encore à quoi servent les réseaux sociaux, on pourrait tout simplement répondre: à décrocher un job. De nos jours, il est tout simplement indispensable d'avoir un CV à jour en ligne, et d'être présent sur les réseaux sociaux et les moteurs de recherche pour mettre toutes les chances de son coté. C'est aussi une façon de montrer que l'on sait vivre avec les outils de communication de son époque, et donc de s'adapter et apprendre.

J'ai un avis assez simple sur la question: il est facile de tricher sur son CV, alors qu'il est très difficile de mentir sur un blog tenu de longue date et qui possède une audience, ou sur les informations d'un compte actif sur un réseau social. Dans le cas des sociétés que j'ai eu l'occasion de co-fonder, nous avons toujours privilégié la motivation et les qualités humaines plutôt qu'une formation ou qu'une expérience dans une société reconnue. Les informations qui sont laissées publiques sur par les candidats sont très précieuses car elles confirment (ou pas) leurs centres d'intérêts. 

En revanche il faut être très attentif et savoir contrôler sa réputation en ligne car selon cette même étude, il vaut encore mieux ne pas être présent sur les réseaux sociaux que d'y alimenter des comptes accessibles à tous en informations peu valorisantes d'un point de vue professionnel... (cf la photo plus haut)

PS: si vous connaissez une étude équivalente sur le marché français, merci de la laisser en commentaire.
Par Frédéric Montagnon
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Mardi 28 juillet 2009 2 28 /07 /2009 12:30

Lorsque l'on parle de mise au point pour un appareil photo, il s'agit de modifier la distance entre une lentille rigide (ou plusieurs), et un capteur. Les parties optiques étant de plus en plus miniaturisées dans le cas des téléphones portables, l'idée de mise au point a été assez rapidement abandonnée laissant place à des systèmes optiques fixes calculés pour donner une profondeur de champs très importante à partir d'une distance assez courte (en général 1,5m). On connaît tous le résultat: les photos sont mauvaises, quelque soit les conditions. Les objets sont tous à peu près aussi flou quelque soit leur distance par rapport au mobile :-)

Le nouvel iPhone 3GS revendique un autofocus qui, d'après ce que j'en ai vu, fonctionne vraiment bien. Or, même regardant de près on ne voit aucune partie mécanique. Voilà qui m'a empêché de dormir jusqu'à ce que je trouve l'explication. L'autofocus est réalisé par une Liquid Lens (lentille liquide). Le principe est assez simple: il s'agit de modifier la forme d'une goutte qui fait office de lentille. C'est finalement assez proche du fonctionnement de notre propre cristallin sur lequel l'iris applique une contrainte mécanique qui le fait changer de courbure. J'adore ce genre de chose :-)



Je n'ai pas trouvé le fournisseur d'Apple. Il s'agit peut-être la société française Varioptic sur le site de laquelle j'ai repris ce schéma?

Ps: merci à Gilles et Pierre Olivier d'avoir porté ma curiosité sur cette question :-)
Par Frédéric Montagnon
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