Dimanche 27 septembre 2009
7
27
/09
/2009
08:20
Je me posais cette semaine la question suivante: qu'est ce qui devrait changer si tous les moteurs thermiques devaient devenir électriques demain, et est-ce tout simplement réaliste d'envisager le
tout-électrique pour se rapprocher d'une emission de CO2 nulle et pour se passer des ressources fossiles? Je n'ai trouvé aucun article convaincant et documenté sur le sujet, j'ai donc cherché des
chiffres pour me faire une idée. Je ne prétends pas remplacer la démonstration d'un spécialiste.
Quelle quantité d'énergie est consommée par les moteurs thermique?
La
consommation de carburant en France pour une année est de:
9,1 Mt de super soit 12,13*10^6m3 ou encore 12,13*10^9L
32,5Mt de gazole soit 38,23*10^6m3 ou encore 38,23*10^9L
avec une masse volumique de l'essence de 0,750t/m3 et 0,850t/m3 pour le gazole.
1L de super ou de gazole libère environ 10kWh. La totalité de l'énergie libérée par les carburants en France est donc de 12,13*10^10kWh + 38,23*10^10kWh = 50*10^10kWh.
Quel équivalent pour des moteurs électriques?
La question qui se pose est celle du rendement des moteurs. Les constructeurs de moteurs thermiques affichent des rendements "du réservoir à la roue" inférieurs à 40% (on peut facilement imaginer
que la réalité est
très loin de cette valeur en conduite réelle), contre plus de 85% "de la batterie à la roue" pour les moteurs
électrique. Dans le cas de la voiture électrique, il y a cependant des pertes au niveau de la batterie qui sont rarement prises en compte dans les articles sur le sujet. Il faudrait aussi prendre
en compte la charge de la batterie au freinage (c'est le principe des systèmes hybrides) qui augmente encore le rendement total. Enfin, il faudrait diminuer les chiffres de rendement pour le
thermique dans la mesure ou le transport du carburant est lui même très consommateur d'énergie.
Je ne vais pas plus loin, mais il me parait honnête de considérer que les moteurs électrique ont un rendement 3 fois meilleur que les thermiques. Si nous n'avions que des moteurs electriques, il
faudrait donc trouver chaque année quelque chose comme 17*10^10kWh d'électricité pour que tout le monde puisse rouler électrique
Qu'est ce que cela représente en France?
A titre de comparaison,
la consommation électrique en France est actuellement de 478 TWh soit 47,8*10^10kWh par an. Passer
à l'électrique revient à augmenter cette consommation de 45%.
L'origine de la production électrique en France:
418,6 TWh nucléaires (76,2%)
63,4 TWh hydrauliques (12,4%)
58,4 TWh thermiques classiques (10,4%)
4,1 TWh éoliens et photovoltaïque (1%)
France Energie Eolienne avance que les 2350 éoliennes installées produisent 5 600 GWh soit 5,6*10^9kWh.
Il faudrait donc augmenter de 40% la production nucléaire, ou bien installer 30 fois le parc actuel d'éoliennes, soit 71 000 unités pour que tout le monde puisse rouler électrique.
J'aimerai bien avoir l'avis d'un expert sur la question: ça me parait à la fois ambitieux, mais finalement accessible...
Et à l'échelle du monde?
A l'echele du monde c'est un plus vicieux car les énergies fossiles sont très présentes dans
la production
d'électricité:
Charbon : 39%
Gaz naturel : 20%
Énergie hydraulique : 16%
Énergie nucléaire : 16%
Pétrole : 7%
Énergies renouvelables hors hydraulique : 2%
Conclusion
A l'échelle du monde, rouler en voiture électrique revient aujourd'hui à remplacer le pétrole par du charbon, du gaz et encore du pétrole avec tout de même un avantage: le transport de
l'électricité est plus "propre" que le transport des hydrocarbures. On est loin de l'objectif initial. En France, la voiture électrique tient bien mieux sa promesse puisque 90% de notre production
n'est pas thérmique.
Nous serions donc
un des seuls pays à être prêt à rouler "propre" et à avoir des
technologies de production d'électricité qui semblent pouvoir être déployées rapidement!? Ca laisse figurer un sacré avantage à la France dans ce secteur si nous savons l'exploiter!
http://www.manicore.com/documentation/articles/conferences.html
Peut-on climatiser et chauffer l'habitacle comme aujourd'hui avec un moteur électrique ?
J'aime beaucoup la fin en "... si nous savons l'exploiter" qui est très optimiste dans une vision d'entrepreneur, mais qui peut être lue aussi très négativement quand on sait notre récurrence française à laisser passer de telle occasions !
1. il est possible d'infléchir la consommation globale d'électricité en améliorant la performance énergétique de notre habitat, notamment l'isolation, la ventilation pour réduire au minimum le besoin de chauffage ET de climatisation. Ainsi il est possible de diviser par 5 (ou plus !) le besoin énergétique des bâtiments qui absorbent une grande partie de cette énergie produite en France (cf maisons passives www.passiv.de, ou encore les bâtiments HQE, etc).
2. ce même habitat peut aussi servir à produire de l'énergie (panneaux solaires ou encore les éoliennes individuelles verticales). si cet habitat devient énergiquement efficient, et si celui-ci produit de l'électricité, alors... tout devient possible, y compris de produire soit-même l'énergie nécessaire à son véhicule...
3. si 1 et 2 se réalisent, alors on pourra peut être éviter de déployer des forêts d'éoliennes qui finissent par défigurer les paysages (pilonnes mais aussi les lignes à moyenne tension). Je ne parle pas des centrales nucléaires...
Personnellement je milite pour une production décentralisée et individuelle de l'énergie, ainsi que pour son utilisation parcimonieuse et efficiente. Tout ceci représente un défi mais aussi une opportunité massive pour les prochaines années.
Alors ont ne peut pas dire COCORICO, car les français sont en pleine mutation vers un jemenfoutisme de masse, rien à envié à nos "amis Américains", preuve en ai, le gouvernement actuel et le green marketing.
il faudrais juste, que chacun se reprenne en mains, faire attention de ne pas gâché, et surtout se rappeler que l'état est à notre service, et pas le contraire, ainsi qu'il doit améliorer notre quotidien, et pas en tirer profit, (bref des patriotes quoi).
mais bon, personne ne s'y intéresse.
PS: je ne suis pas bon en orthographe, alors désolé.
analyse pertinente et judicieuse, frappée au coin du simple bon sens, qui malheureusement ne prévaut pas souvent dès que l'on parle d'énergie.
Commentaire tout aussi pertinent de Fred (n° 6), que je rejoins complètement : la croissance effrénée de la consommation d'énergie est toujours d'actualité, quand il faudrait tendre à la sobriété énergétique, notamment par les moyens qu'il indique d'amélioration de la performance énergétique des bâtiments, privés ou publics, résidentiels, industriels et tertiaires, la piste à emprunter pour assainir notre mode de vie passant effectivement par leur conversion partielle ou totale en centrales autonomes.
Je ne pense pas que les particuliers ou les entreprises aient vocation à devenir des fournisseurs décentralisés d'énergie pour les opérateurs comme c'est hélas le cas actuellement dans le cadre des politiques issues du Grenelle de l'environnement, éminement favorables au lobby des producteurs, mais plutôt qu'ils et elles devraient se voir inciter à économiser au maximum l'énergie et à produire par des moyens propres celle nécessaire à leur consommation, quitte à se regrouper géographiquement.
Pour faire le lien avec l'énergie nécessaire à une électrification du parc automobile, il ne me paraît donc pas inéluctable de devoir installer quelque 71.000 éoliennes sur le territoire ou ouvrir une dizaine de tranche nucléaires supplémentaires :
1. réduisons les déplacements automobiles et le transport routier à leur strict nécessaire (ça économisera déjà pas mal de TeqP, quelle que soit la motorisation) ;
2. économisons sur les consommations liées au bâti ;
3. cherchons à produire propre et local et à mutualiser, y compris les stockages, complexes mais efficaces, par volant d'inertie par exemple.
Enfin, en réponse au commentaire n° 7, tout process industriel utilise des polluants, les défluents dans l'industrie du PV n'étant de loin pas les pires ; à l'Etat d'encadrer les comportements des industriels pour que ces substances ne se retrouvent pas disséminées dans la nature et de légiférer pour la mise en place de filières propres et efficaces de recyclage des produits en fin de vie.
Bien cordialement !