Le blog de Frédéric Montagnon : overblog, nomao, entreprendre en France
La roue de l'infortuneC'est un jeu français: tu commences par payer des impots, puis tu perds du temps à jouer au jeu des subventions en espérant en récupérer un peu... et que tes concurents ne les obtiennent pas à ta place!
Avertissements
Pour commencer cet article, je veux dire que j'ai beaucoup d'admiration pour le travail et le dévouement de Nathalie Kosciusko-Morizet, aussi bien pour son travail de secrétaire d'État chargée de l'écologie hier, que pour son action aujourd'hui comme secrétaire d'État à la prospective et au développement de l'économie numérique. Cet article n'est pas dirigé contre elle, mais plutôt contre une mauvaise habitude française.
Récemment, NKM a débloqué un budget de subventions pour un appel à projets sur le "web 2.0" et sur le "serious gaming" dans le volet "numérique" du plan de relance. Bonne idée?
Une subvention n'est ni juste, ni efficace
Il existe en France un nombre incroyable de subventions. L'objectif du gouvernement au travers de cette restituation auprès de certaines sociétés est d'influencer les choix d'investissements des entreprises et de favoriser le développement d'activités sur dans des domaines qu'il juge prioritaires.
Dans le cadre du "plan de relance numérique" nous avons (Overblog) participé au montage d'un dossier sur un sujet passionnant: celui de la réputation en ligne. La préparation d'un tel dossier est coûteuse. Dans notre cas on parle d'1 mois homme de travail, le temps de se mettre d'accord, de formaliser, d'accoucher d'un plan business. Bien sur 1 mois homme peut paraitre négligeable pour beaucoup de sociétés, mais dans notre cas, c'est un investissement significatif.
Demander une subvention c'est un peu comme jouer au loto: on prend le pari de gagner en commencant par payer avec l'idée que ça rapportera peut être beaucoup. Vous ne savez jamais combien d'entreprises vont participer et combien seront financées. Un vrai coup de poker, ce n'est pas juste.
On ne dépense pas avec la même justesse l'argent que l'on gagne et l'argent qui est offert. On ne développe des modèles économiques ajustés que lorsque l'on met en jeu son travail. Une subvention ce n'est pas son travail, c'est celui des autres. Ce n'est donc pas non plus efficace.
Dans un même secteur, l'état n'a pas à intervenir auprès de certaines sociétés privées en laissant les autres de coté
Le gouvernement fait ensuite son choix. Quelle est sa compétence lorsqu'il s'agit de sélectionner des dossiers sur des sujets qui touchent à l'innovation? Et surtout, en quoi est ce légitime pour l'état de "miser" de l'argent public sur des entreprises qu'il sélectionne?
Je pense que nous n'avons pas besoin de ça dans une période difficile comme celle que nous traversons.
Il faut privilegier la fiscalité
Je suis convaincu que la fiscalité est le seul outil dont le gouvernement peut et doit se servir pour mettre en place sa politique d'une manière efficace. On veut des panneaux solaires? On offre un crédit d'impôt pour les financer. On veut des sociétés dans les banlieues des grandes villes? On met en place des zone de développement prioritaires où les charges sont réduites. On veut pousser les entreprises à embaucher des jeunes? On baisse les charges sur ces salaires. On veut que les entreprises fasse plus de R&D? On met en place un crédit d'impôt recherche. La fiscalité a le mérite d'être "juste" puisque toutes les entreprises sont censées être traitées de la même manière. (Je mets un bémol car les entreprises suffisament grosses ont en général des privilèges que des TPE/PME n'auront jamais)
L'avantage de réduire la fiscalité lorsqu'on souhaite créer de la valeur et de l'emploi, c'est qu'il n'y a pas d'investissement d'argent public, pas de perte possible. Au plus un manque à gagner (impôts) qui en général se traduit logiquement par une baisse du chômage et par d'autres recettes fiscales.
Tant qu'elles existent, les entreprises doivent demander des subventions
Vous allez me demander pourquoi je fais ce genre de dossier si je trouve ça contre productif? Par ce que je n'ai pas le choix.
Lorsque vous dirigez une entreprise en France, vous êtes soumis à une imposition très forte. Vous devez chercher à optimiser vos coûts et tenter de compenser ce fardeau qui pèse face aux entreprises étrangères, et parfois même en France. Si votre concurrent direct obtient des subventions (beaucoup d'entreprises montent jusqu'à 50% de leur chiffre d'affaire), vous prenez le risque de ne pas être compétitif. Vous devez donc courir dans la même course, et là, le cercle vicieux se met en route. J'ai toujours l'impression de passer à coté des bonnes occasions, j'ai toujours l'impression de payer des impôts qui seront redistribués à mes concurrents. C'est un sentiment amer.
L'efficacité des subventions est elle démontrée?
Je ne peux pas croire que l'argent obtenu sous forme de subventions soit utilisé au mieux. J'aimerais trouver simplement les chiffres suivants: quel est le coût d'une opération de subvention par rapport à une simple regle d'aménagement de la fiscalité? Quelle est la valeur créée? Le nombre d'emplois pérennisés? Qui voudra bien me donner des statistiques de ce type sur des opérations menées il y a 10 ans?
Conclusion
Non l'état n'a pas à faire jouer les entreprises comme on joue au casino. L'état n'a pas à choisir des entreprises. L'état est la pour fixer un cadre juste et qui favorise la création de valeur.
S'il vous plait, arrêtez de taxer les salaires des gens qui innovent et qui savent utiliser l'argent bien mieux que ne le fait l'état pour créer des emplois dans la durée. Arrêtez de ponctionner ces mêmes entreprises pour arroser à l'aveugle d'autres entreprises sur des critères plus que contestables. Cette politique freine la croissance des petites entreprises qui ont un gros potentiel de croissance lorsque vous maintenez sous perfusion des sociétés dont les modèles sont dépassés.
Je vous choque? Allez... reflechissez.
PS: Je viens d'apprendre que notre projet n'a pas été retenu. Mais pas par une lettre ou par un mail. Je viens de le lire par hasard sur une page. Je suis déçu d'avoir perdu du temps, et déçu du manque de respect dans la communication. J'aimerais au moins savoir pourquoi nous n'avons pas été retenu?
Jeu 17 sep 2009
16 commentaires
je crois pour ma part que ce que vous pointez sur le système de subventions en France n'est pas la résultante d'une défaillance de ceux qui les attribuent ou les votent mais plutôt de ceux qui devraient participer au financement des entreprises : les investisseurs, les capitaux risqueurs, les banques. Il n'est pas normal qu'un entrepreneur comme vous se tourne vers le financement public. Normalement, on a un projet d'entreprise...on va voir des investisseurs privés. Mais voila, sans vouloir généraliser, les VC en France ne prennent plus de risques. Ils vous obligent à produire des business plans formatés à leur sauce (combien de jour/homme pour un BP à leur sauce ?).
Sincèrement, pensez vous qu'en France, deux petits gars avec un projet d'annuaire de sites sur un réseau naissant auraient obtenu quelques centaines milliers de dollars pour créer Yahoo. Personnellement, je ne crois pas.
Si vous investissez dans du temps pour "jouer" à la loterie des subventions c'est que :
- vous n'avez pas trouvé de capitaux ailleurs
- c'est finalement de l'argent pas cher payé si vous le touchez
non ?
Sincèrement, pensez vous qu'en France, deux petits gars avec un projet d'annuaire de sites sur un réseau naissant auraient obtenu quelques centaines milliers de dollars pour créer Yahoo. Personnellement, je ne crois pas.
Si vous investissez dans du temps pour "jouer" à la loterie des subventions c'est que :
- vous n'avez pas trouvé de capitaux ailleurs
- c'est finalement de l'argent pas cher payé si vous le touchez
non ?
benjamin - le 17/09/2009 à 16h51
Benjamin> Ce n'est pas si simple. Il est aussi bon de diversifier ses financements. Et, dans un environnement concurrentiel, il est naturel de tenter d'obtenir la subvention à la place de ses petits camarades.
Quant au temps passé, qu'il soit investi dans une réponse à un AAP ou dans une présentation pour VC's, quelle différence ?
En revanche, contrairement aux propos de Frédéric, je pense que les subventions peuvent être intéressantes (cf. mon premier propos de ce post), mais à condition d'être plus transparentes.
Quant au temps passé, qu'il soit investi dans une réponse à un AAP ou dans une présentation pour VC's, quelle différence ?
En revanche, contrairement aux propos de Frédéric, je pense que les subventions peuvent être intéressantes (cf. mon premier propos de ce post), mais à condition d'être plus transparentes.
Quentin - le 17/09/2009 à 16h57
Le budget accordé 20 millions au regard du nombre de projets déposés environ 160, aurait sans doute permis de récompenser plus de dossiers et ainsi diminuer l'impression d'arbitraire partagée sans doute par la majorité des détenteurs de dossiers non retenus, d'autant plus que avec le montant moyen de la subvention par dossier environ 400 000 euros, c'est prendre le risque de réveiller un jour les foudres de Bruxelles, très attaché au jeu de la libre concurrence, comme pour nos malheureux agriculteurs.
michel - le 17/09/2009 à 17h41
Bonne analyse. Il faut effectivement créer un jeu équitable et neutre pour tous les acteurs économiques et favoriser un peu plus les petites structures.
Sachant aussi qu'il faut bien choisir la fiscalité. Le Crédit Impôt Recherche est ainsi complètement dévoyé. Il représente près de 5 milliards d'Euro cette année, plus des deux tiers allant aux grandes entreprises ! Tu as d'autres bugs à corriger comme l'exo ISF sur les investissements qui favorise les fonds/holdings ISF (75% d'exo) au détriment des FCPI (50% d'exo) alors qu'une boite doit être labellisée Oséo Entreprise Innovante pour être éligible à un FCPI tandis que quasiment n'importe quelle PME de n'importe quel secteur d'activité avec ou sans innovation peut intégrer un fond ISF.
Baisser les charges ? Tout le monde le réclame mais il faut bien financer la protection sociale. Protection que l'on apprécie une fois que l'on fait partie des 40 et quelques millions d'américains qui n'ont (pour l'instant) pas de protection santé digne de ce nom...
On est surtout pénalisé par la complexité : du droit du travail, de la feuille de paye. Cette complexité a probablement un coût comparable aux taxes directes et indirectes.
Pour finir, le politique qui trouvera le moyen de faire du moins d'Etat intelligemment ne semble pas encore né !
Sachant aussi qu'il faut bien choisir la fiscalité. Le Crédit Impôt Recherche est ainsi complètement dévoyé. Il représente près de 5 milliards d'Euro cette année, plus des deux tiers allant aux grandes entreprises ! Tu as d'autres bugs à corriger comme l'exo ISF sur les investissements qui favorise les fonds/holdings ISF (75% d'exo) au détriment des FCPI (50% d'exo) alors qu'une boite doit être labellisée Oséo Entreprise Innovante pour être éligible à un FCPI tandis que quasiment n'importe quelle PME de n'importe quel secteur d'activité avec ou sans innovation peut intégrer un fond ISF.
Baisser les charges ? Tout le monde le réclame mais il faut bien financer la protection sociale. Protection que l'on apprécie une fois que l'on fait partie des 40 et quelques millions d'américains qui n'ont (pour l'instant) pas de protection santé digne de ce nom...
On est surtout pénalisé par la complexité : du droit du travail, de la feuille de paye. Cette complexité a probablement un coût comparable aux taxes directes et indirectes.
Pour finir, le politique qui trouvera le moyen de faire du moins d'Etat intelligemment ne semble pas encore né !
Olivier Ezratty - le 17/09/2009 à 18h29
L'année dernière, aladom a répondu à un appel à projet pour le secteur des services à la personne. Nous avons passé beaucoup de temps à monter le dossier. Nous avons présenté notre projet à Bercy.
Nous faisions partie d'une short-liste de 20 projets. Nous devions avoir une réponse en juin 2008. On nous a fait espérer tout l'été et on a finalement reçu une réponse négative. Les 20 projets qui devaient être retenus se sont transformés en 4 et je n'ai jamais vu de communication des résultats.
Quand j'ai vu l'appel à projet web 2.0, j'ai hésité un peu et je me suis dit que j'avais mieux à faire et je n'ai pas joué à la roulette.
Je comprends votre point de vue et c'est vrai qu'on a tendance à se dire que nos concurrent peuvent être avantagés... mais aujourd'hui, je préfères passer 20 jours à développer mon business que 20 jours à répondre à un appel à projet pour subvention... ou encore faire 20 jours de consulting ou j'aurai l'argent tout de suite :)
Nous faisions partie d'une short-liste de 20 projets. Nous devions avoir une réponse en juin 2008. On nous a fait espérer tout l'été et on a finalement reçu une réponse négative. Les 20 projets qui devaient être retenus se sont transformés en 4 et je n'ai jamais vu de communication des résultats.
Quand j'ai vu l'appel à projet web 2.0, j'ai hésité un peu et je me suis dit que j'avais mieux à faire et je n'ai pas joué à la roulette.
Je comprends votre point de vue et c'est vrai qu'on a tendance à se dire que nos concurrent peuvent être avantagés... mais aujourd'hui, je préfères passer 20 jours à développer mon business que 20 jours à répondre à un appel à projet pour subvention... ou encore faire 20 jours de consulting ou j'aurai l'argent tout de suite :)
Guillaume - le 17/09/2009 à 20h38
> Je suis convaincu que la fiscalité est le seul outil dont le gouvernement peut et doit se servir pour mettre en place sa politique d'une manière efficace. On veut des panneaux solaires? On offre un crédit d'impôt pour les financer. On veut des sociétés dans les banlieues des grandes villes? On met en place des zone de développement prioritaires où les charges sont réduites. On veut pousser les entreprises à embaucher des jeunes? On baisse les charges sur ces salaires. On veut que les entreprises fasse plus de R&D? On met en place un crédit d'impôt recherche.
Poussez le raisonnement un peu plus loin… quel est la légitimité d'utiliser la fiscalité pour influencer, ou plus exactement contraindre, le choix des individus et des entreprises ?
« Je vous choque ? Allez... réfléchissez. »
Poussez le raisonnement un peu plus loin… quel est la légitimité d'utiliser la fiscalité pour influencer, ou plus exactement contraindre, le choix des individus et des entreprises ?
« Je vous choque ? Allez... réfléchissez. »
Bob - le 17/09/2009 à 21h19
Ce que l'état a de mieux à faire c'est de faire un small business act à la française et d'obliger ses services à passer commandes auprès de PME.
Quand à la loi TEPA, dont parle monsieur Ezratty, il faudrait faire une différence entre l'investissement dans une société en phase d'amorçage et une société ayant déjà plusieurs bilans et à l'équilibre...
Quand à la loi TEPA, dont parle monsieur Ezratty, il faudrait faire une différence entre l'investissement dans une société en phase d'amorçage et une société ayant déjà plusieurs bilans et à l'équilibre...
Guillaume - le 17/09/2009 à 21h52
Par fois on se prend à penser des trucs idiots. On se dit qu'un patronat jeune, moderne dans un secteur innovant n'aura pas forcément les mêmes réflexes que l'un de ses confrères. Que nenni.
Déjà ça commence mal en parlant "d'1 mois homme de travail'. On sent toute la modernité de l'approche : je vais te mettre les gens en équation moi et tu vas voir que ça va marcher. Passons mais ça jette un froid sur la façon dont sont appréhendés les individus dans les entreprises.
Le coup des subventions ensuite. Il faut quand même savoir de quel pays on parle et qu'en France, disons depuis Colbert, l'Etat est sinon moteur du moins partie prenante dans le développement éco et industriel. Donc des entreprises. Bref, la commande publique est pour certaines d'entre elles un marché important, une source de revenus et un moyen de dynamiser tel ou tel secteur. Ensuite, pour le cas d'espèce, la question que je me pose est simple : les projets retenus auraient ils pu être menés à bien sans cet apport de subventions ? L'autre est de savoir si les projets retenus sont pertinents, innovants et si bien sûr les critères ont été objectifs et non pas influencés par tel ou tel réseau et/ou amitiés politiques (voire inancements...).
Mais surtout ce qui me choque encore plus c'est de réentendre, comme je l'ai dit de la part d'un patronat qu'on pourrait espérer "moderne" , la complainte de la fiscalité et de ces méchantes charges qui "nous étouffent". Non pas que ce soit totalement stupide : inciter fiscalement à l'innovation, à produire moins polluant...pourquoi pas. Mais l'argument est réversible : pourquoi ne pas surtaxer ceux qui ne jouent pas collectif ?
Et puis il y a le bon vieux chantage à l'emploi : "taxez moi moins et j'embaucherai". Exemple des jeunes. Et là je crois qu'on marche sur la tête depuis un sacré moment. Les charges sociales c'est quoi ? C'est une redistribution de la richesse produite au bénéfice de la collectivité. C'est donc du... salaire. Donc non seulement alléger les charges n'a jamais créé un emploi (le chef d'entreprise embauche quand son carnet de commande l'exige et surtout quand un calcul savant lui permet d'être certain que le rapport coût-augmentation de productivité produira du benef), mais en plus il s'agit là d'ôter des sommes nécessaires à la solidarité nationale en accaparant du salaire.
Bref, patron encore un effort pour rentrer dans la modernité ;-)
Déjà ça commence mal en parlant "d'1 mois homme de travail'. On sent toute la modernité de l'approche : je vais te mettre les gens en équation moi et tu vas voir que ça va marcher. Passons mais ça jette un froid sur la façon dont sont appréhendés les individus dans les entreprises.
Le coup des subventions ensuite. Il faut quand même savoir de quel pays on parle et qu'en France, disons depuis Colbert, l'Etat est sinon moteur du moins partie prenante dans le développement éco et industriel. Donc des entreprises. Bref, la commande publique est pour certaines d'entre elles un marché important, une source de revenus et un moyen de dynamiser tel ou tel secteur. Ensuite, pour le cas d'espèce, la question que je me pose est simple : les projets retenus auraient ils pu être menés à bien sans cet apport de subventions ? L'autre est de savoir si les projets retenus sont pertinents, innovants et si bien sûr les critères ont été objectifs et non pas influencés par tel ou tel réseau et/ou amitiés politiques (voire inancements...).
Mais surtout ce qui me choque encore plus c'est de réentendre, comme je l'ai dit de la part d'un patronat qu'on pourrait espérer "moderne" , la complainte de la fiscalité et de ces méchantes charges qui "nous étouffent". Non pas que ce soit totalement stupide : inciter fiscalement à l'innovation, à produire moins polluant...pourquoi pas. Mais l'argument est réversible : pourquoi ne pas surtaxer ceux qui ne jouent pas collectif ?
Et puis il y a le bon vieux chantage à l'emploi : "taxez moi moins et j'embaucherai". Exemple des jeunes. Et là je crois qu'on marche sur la tête depuis un sacré moment. Les charges sociales c'est quoi ? C'est une redistribution de la richesse produite au bénéfice de la collectivité. C'est donc du... salaire. Donc non seulement alléger les charges n'a jamais créé un emploi (le chef d'entreprise embauche quand son carnet de commande l'exige et surtout quand un calcul savant lui permet d'être certain que le rapport coût-augmentation de productivité produira du benef), mais en plus il s'agit là d'ôter des sommes nécessaires à la solidarité nationale en accaparant du salaire.
Bref, patron encore un effort pour rentrer dans la modernité ;-)
Donjipez - le 18/09/2009 à 02h39
Point par point:
- de quels réflexes parlez vous?
- j'ai la responsabilité de verser un salaire chaque mois aux gens qui travaillent avec moi. Pour cette raison, je dois être précis et je dois chiffrer. Les hommes ont toute ma considération et j'essaie, autant que le temps me le permet, de créer un cadre de travail humain et épanouissant. Si les hommes ne se mettent pas en équation (je suis d'accord), leur travail doit l'être.
- vous mélangez subvention et appel d'offre public. Dans le cas que j'évoque, il s'agit d'une subvention.
- la seule remarque que je fais à propos de fiscalité est qu'elle doit être juste. Or à force de verser des subventions aux uns et pas aux autres, elle ne l'est plus. A ce propos, je pense que les vraies victimes sont les entreprises qui débutent et qui n'ont pas encore eu l'occasion de démontrer qu'elle apporte une valeur.
- l'argent que gagne les entreprises auxquelles je participe est réinvesti. Vous pouvez le vérifier simplement en jetant un coup d'oeuil à nos comptes. Donc oui, si la fiscalité sur le travail était moindre, j'embaucherai plus.
- je ne sais pas ce que veut dire "entrer dans la modernité". Mon objectif est de donner vie à des idées avec des hommes qui partagent une même passion pour leur travail.
- de quels réflexes parlez vous?
- j'ai la responsabilité de verser un salaire chaque mois aux gens qui travaillent avec moi. Pour cette raison, je dois être précis et je dois chiffrer. Les hommes ont toute ma considération et j'essaie, autant que le temps me le permet, de créer un cadre de travail humain et épanouissant. Si les hommes ne se mettent pas en équation (je suis d'accord), leur travail doit l'être.
- vous mélangez subvention et appel d'offre public. Dans le cas que j'évoque, il s'agit d'une subvention.
- la seule remarque que je fais à propos de fiscalité est qu'elle doit être juste. Or à force de verser des subventions aux uns et pas aux autres, elle ne l'est plus. A ce propos, je pense que les vraies victimes sont les entreprises qui débutent et qui n'ont pas encore eu l'occasion de démontrer qu'elle apporte une valeur.
- l'argent que gagne les entreprises auxquelles je participe est réinvesti. Vous pouvez le vérifier simplement en jetant un coup d'oeuil à nos comptes. Donc oui, si la fiscalité sur le travail était moindre, j'embaucherai plus.
- je ne sais pas ce que veut dire "entrer dans la modernité". Mon objectif est de donner vie à des idées avec des hommes qui partagent une même passion pour leur travail.
Frédéric Montagnon
Merci pour votre réponse ;-) Même si je n'en reste pas moins sceptique et réservé mais le débat serait long et sans doute peu fructueux... Au-delà des questions fiscales (le réflexe évoqué était de se plaindre de l'Etat et des charges) j'ai surtout l'impression que votre philosophie de l'entreprise n'est applicable qu'avec de petites équipes, des petites entreprises qui ne sont pas "parasitées" par les exigences d'actionnaires, la multiplication des hiérarchies et les lourdeurs internes..l
Donjipez - le 18/09/2009 à 16h57
Je suis dans le même cas que toi pour la conclusion : j'ai beaucoup investi (financièrement forcément) pour rédiger un dossier très complet sur un projet très innovant et en même temps très grand public... Je n'ai pas été retenu, ce sont des choses qui arrivent. Mais comme toi, je suis stupéfait de ne pas avoir un seul retour sur mon dossier, alors que nous y avons consacré une énergie incroyable, et que la forme du dossier était tellement stricte qu'il n'est même pas certain que ce sera réutilisable sans à nouveau y consacrer beaucoup de temps...
Du coup, pas de subvention, et même de l'argent dépensé en pure perte : ça va à l'encontre de l'objectif initial il me semble !
D'un point de vue plus subjectif, je trouve la politesse même aurait été de nous transmettre l'avis du jury sur le dossier. Et d'ailleurs, qui était dans ce jury ? Pourquoi n'est-ce pas public ?
Allez, en route vers de nouvelles aventures, keep going !